Alain rentre du boulot.
Il s’assoit sur le canapé, rien à la télé, alors il peut un cours instant fermer les yeux et rêver.
Il s’imagine il y a six mois, en plein été, une virée en vélo du Léman à la mer.
Le dos courbé, les bras légèrement fléchis, en appuis sur le guidon du vélo, ses muscles sont chauds car il a déjà parcouru plusieurs dizaines de kilomètres. Lyon est derrière lui.
Passé Givors, Condrieu, la N86 ce n’est pas sympa, alors juste après la station service sur la gauche, il voit un chemin.
Il faut déjà ravitailler non en carburant mais en eau, il achète une bouteille à la station Total et c’est reparti, et cette fois sur le chemin.
Enfin la tranquillité, le fleuve Rhône apparaît au loin.
Il le rejoint vite, la promenade continue sur les chemins de hallage comme à Miribel Jonage, sauf qu’ici la ligne droite n’en finit plus, la végétation est éparse et il fait chaud.
La transpiration enveloppe son corps et lui procure une sensation agréable.
Aucun signe de fatigue, les muscles des jambes répondent bien à la sollicitation du grand plateau petit pignon. Encore un effort se dit Alain, allez………allez……..allez
Il rencontre de rares marcheurs, accompagnés de leurs chiens non attachés bien sur, mais pas de danger.
L’heure tourne, comment vais je faire pour rentrer ? et si j’allais jusqu’à la mer, en suivant le Rhône, on ne peut pas se tromper se dit Jean Jean.
Une première écluse, pas si évident que ça à franchir, hésitations sur le bon chemin à choisir et après plusieurs aller retour, il s’engage à nouveau sur la bonne voie.
Un parking ! des voitures ! et pas de mal de monde ! en combinaison avec leur kayak !
Ils s’entraînent sur un des bras du Rhône spécialement aménagé pour eux. Remous, obstacles artificiels tout y est.
Alors pourquoi ne pas les suivre eux sur leurs bateaux et Alain sur la rive avec son vtt.
Quel bonheur, cette sortie improvisée, elle a du charme, se dit-il.
Les kilomètres s’égrènent, puis c’est la seconde écluse, beaucoup plus technique à franchir. Les bras du Rhône sont plus nombreux, tentaculaires et gigantesques, lequel choisir ? Tiens, tout compte fait, c’est pas si droit que ça le Rhône.
Il prend la voie la plus logique celle qui chemine tout droit sur la même rive.
Au bout de plusieurs kilomètres, c’est l’impasse, impétueux, majestueux, un énorme cours d’eau se jette dans le rhône. Il bloque le passage. Le paysage est sauvage et magnifique.
Alain est bloqué, désamparé, affolé par cette situation. Elle contrarie sa progression cycliste.
Je suis paumé, impossible d’avancer, ou de rebrousser chemin car je vais perdre trop de temps. Ah ! si seulement j’avais un GPS se dit Alain. Surtout que le jour baisse et bizarrement, le ciel s’est couvert et il commence à pleuvoir, la hantise du cycliste.
Alain rassemble ses forces et tente de se calmer en allongeant son souffle tout en pédalant plus lentement.
Il prend la décision de longer ce nouveau cours d’eau qui vient de la droite.
Au bout de quelques mètres apparaît un barrage naturel qui empêche toute navigation. Seul un épais filet d’eau court sur les rochers, sur une largeur impressionnante. Un débit constant et régulier s’écoule sans remoud, ce qu’il voit l’inspire et lui suggère la sérénité. Il se calme
Les arbres du bord de la rive offrent une protection contre la pluie, il s’approche et contemple le paysage. Des promeneurs arrivent, honteux Alain se résout à demander son chemin.
« Vous êtes sur la commune de sablon, le village n’est qu’à quelques kilomètres et vous venez de franchir l’écluse des sablons ». Réponds le promeneur.
Mais ou est La « N86 » ? pas ici, Alain est sans le savoir dans la forêt, sur le chemin qui jouxte la départementale D4.
Pour rejoindre la nationale, il doit gagner la commune de Sablon, puis traverser ce cours d’eau qui a surpris Alain. C’ est le Rhône, eh oui ! quelle surprise.
Puis il doit rejoindre la commune de Serrières.
Alain pensait circuler sur les berges du Rhône, c’est faux.
Alain enfourche son vélo et pédale énergiquement jusqu'à Sablon. Arrivé au cœur de la commune, un panneau de signalisation lui indique Serrières.
Une fois arrivé à Serrières, il se ravitaille copieusement auprès du boulanger du coin. Il se renseigne et comprend enfin sa méprise. Lors du franchissement de la première écluse, il s’est par erreur engagé sur le canal du rhône.
L’absence d’indication rend, la circulation à vélo sur cet axe aléatoire. Une carte détaillée l’aurait peut être aidée, mais il n’en avait pas.
Il s’est donc engagé dans un cul de sac fluvial, sans le savoir, persuadé d’être sur le bon chemin. Sur celui qui mène à la mer.
Depuis Serrières, il pense qu’il est à nouveau possible de rejoindre les rives sauvages du Rhône et non celles du canal trop morne, industrialisé.
Mais pour lui le périple s’arrête la. Il constate avec amertume que le tracé du Léman à la mer n’est pas tout droit, bien au contraire.
Il a regagné son domicile.
Alors il imagine la suite, au-delà de Serrières, dans ses songes.
Il se saisit de la photo, qu’il vous joint et il se dit : qu’un jour peut être comme sur cette photo qui l’inspire, il pourra à son tour poser son vélo et s’allonger sur cette plage, terminus du voyage du Léman à la mer.
Après tout l’histoire d'Alaain, n’est elle pas celle de tout cycliste amateur ou chevronné qui rêve un soir, assis sur son canapé lorsqu’il n’y a rien à la télé. Lui aussi, il imagine le long et fascinant périple du Léman à la mer.
a bientôt
Alain et Candice
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